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Focus

Solutions hydroalcooliques : la bonne dose

par | 30 juin 2020

Solutions hydroalcooliques : la bonne dose

par | 30 juin 2020

Pour éviter la propagation du coronavirus, le simple lavage des mains à l’eau et au savon reste le geste le plus efficace. Sans eau disponible, l’usage des produits hydroalcooliques permet de se désinfecter les mains. Ils sont sans danger lorsqu’ils respectent les normes et sont utilisés correctement.

Que vous l’utilisiez sous forme de gel, de mousse, de spray ou imbibant des lingettes, votre solution hydroalcoolique doit impérativement répondre à la norme NF EN 14476 qui certifie l’efficacité virucide du produit. La concentration en alcool doit figurer visiblement sur l’étiquetage : 60% à 70% ou 520 à 630 mg/g. Les flacons “Hand Sanitizer” de la marque Symex, avec leur pourcentage d’alcool insuffisant pour assurer une véritable action anti-virale, ont récemment fait les frais du non respect de cette norme.

Problèmes cutanés : possibles, mais bénins

L’éthanol contenu dans les produits hydroalcooliques (PHA), cancérogène et neurotoxique lorsqu’il est est ingéré, est très peu absorbé par la peau. Mais on évitera évidemment de les utiliser sur une peau abîmée (aïe, ça pique !), ou sur une peau humide, car cela pourrait entraîner une irritation. Les PHA parfumés risquent de provoquer des allergies : privilégiez les produits les plus simples, sans additifs parfumés. De manière générale, l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé estime que les PHA sont bien tolérés (lire le rapport au format PDF), et la Société française d’hygiène hospitalière autorise leur utilisation pendant la grossesse.

L’alcool déshydrate la peau, c’est pourquoi il est préférable d’éviter d’utiliser les PHA au soleil, qui amplifie cet effet. En revanche, les PHA sans parfum n’étant ni photo-toxiques, ni photo-sensibilisants, il n’y a pas de risque de brûlure. Pour éviter sécheresse et irritation, choisissez des PHA « peau sensible », de préférence bio, et toujours sans parfums.

Notre peau étant un organe plus complexe qu’on ne le pense, on veillera cependant à ne pas utiliser systématiquement de PHA quand un point d’eau est disponible pour se laver les mains au savon. Un usage immodéré de ces produits finira, en effet, par détruire le film biologique et protecteur qui recouvre notre peau. Notre microbiote cutané a beau se reconstituer rapidement, le fait d’aseptiser la peau perturbera son immunité naturelle et la rendra plus perméable aux agressions extérieures. La plupart du temps, cela entraînera un simple dessèchement mais, parfois, cela déclenchera un eczéma ou un psoriasis, plus difficiles à soigner.

Non, vous n’exploserez pas dans votre voiture

Pour qu’un PHA s’enflamme tout seul, il faut qu’il soit porté à une température de plus de 350 degrés, ce qui exclut les possibilités d’auto-inflammation rapportées au mois de mai dernier par une rumeur qui a fait le tour du web. Les experts s’accordent sur ce point : dans un véhicule au soleil, la température de l’habitacle peut monter à 70 degrés, très loin du seuil dangereux d’inflammation spontanée ! A moins de s’amuser à créer un effet loupe avec ses lunettes placées entre le soleil et le flacon de PHA, ou d’en approcher une flamme, pas de risque de griller dans sa voiture. Evidemment, un PHA laissé en plein soleil sera brûlant. Il sera donc beaucoup mieux dans un sac, avec vous, pour être utilisé sans risque de brûlure.

Matières plastiques et substances toxiques

Les solutions hydroalcooliques sont classées dans les « produits biocides utilisés pour l’hygiène humaine », et ne contiennent donc pas de produits oncogènes, mutagènes, tératogènes, et de perturbateurs endocriniens, comme le rapporte la Société française d’hygiène hospitalière (PDF). A condition, bien entendu, que les produits respectent les normes européennes : sont à proscrire les achats douteux de solutions hydroalcooliques à bas prix sur internet !

On sait, depuis une étude très relayée en 2015, que les gels hydroalcooliques permettent une meilleure absorption de perturbateurs endocriniens comme le bisphénol A, qui entre dans la composition de certaines matières plastiques (en particulier les polycarbonates). Cette substance a été interdite en France dans les produits destinés aux enfant de moins de trois ans et dans les produits en contact avec l’alimentation (lire notre article complet sur le plastique), et on ne doit normalement plus la trouver dans les plastiques aux normes européennes utilisés en cosmétique. Mais, face à une industrie du plastique très opaque sur les additifs qu’elle utilise, et des études qui alertent, par exemple, sur la pollution de l’eau par les substances entrant dans la composition des bouteilles en plastique « alimentaire », on peut se demander s’il n’y a pas un risque à se badigeonner les mains de produits qui sont en contact prolongé avec ces substances issues de la pétrochimie. Dans le doute, ne laissez pas vos flacons de PHA au soleil et utilisez-les rapidement, de manière à limiter la migration des substances potentiellement toxiques dans la solution. Mais ne soyez pas angoissés à chaque fois que vous vous désinfectez les mains et ne boudez surtout pas ces produits sanitaires ! Un usage modéré de PHA sera sans conséquence, surtout si vous avez pris la bonne habitude de bannir autant que possible les emballages plastiques de votre quotidien, pour éviter leur « effet cocktail » (PDF).

Des alternatives naturelles, avec prudence

Utiliser avec modération une solution hydroalcoolique à la norme NF EN 14476 vous permettra de vous protéger sans craindre pour votre santé. Attention aux produits à base d’huiles essentielles, dont on ne connait pas les effets sur les « virus enveloppés » comme le coronavirus. Les recettes naturelles sérieuses et responsables contiennent de l’alcool, comme celles de la prudente Compagnie des sens. Peu de solutions naturelles reçoivent les agréments européens, mais nous vous en avons dégoté une : la mousse désinfectante Osanis, mise au point par la société Salvéco, répond à la norme EN 14 476 tout en étant issue de ressources renouvelables et 100% biodégradables, et composée à 100% d’ingrédients d’origine naturelle, sans conservateur, ni colorant, ni perturbateur endocrinien. Formule alternative au gel hydroalcoolique, sans éthanol, cette mousse est fabriquée à base d’acide lactique, que son créateur dit être plus doux pour la peau. Aussi efficace qu’un PHA classique, elle aurait l’avantage, contrairement à ce dernier, de ne pas détruire le film gras qui protège la peau. Testée et approuvée par votre serviteur.

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Photos : © Adobe Stock

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