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La presse en parle

Matière plastique : c’est pratique… mais c’est toxique.

par | 6 janvier 2020

Matière plastique : c’est pratique… mais c’est toxique.

par | 6 janvier 2020

Sur fond d’interdiction des plastiques à usage unique (pailles, assiettes jetables et autres récipients à emporter), la presse s’est fait le relais d’une guéguerre twiterresque entre l’acteur Pierre Niney et la secrétaire d’état auprès de la ministre de la Transition écologique et solidaire Brune Poirson, rapporteuse de la loi Antigaspillage.

La loi votée le 10 décembre 2019 prévoit l’interdiction des plastiques à usage unique d’ici 2040. Un signal “très fort et concret”, selon Brune Poirson, un délai trop long selon Pierre Niney, qui se demande ce qui échappe à la secrétaire d’état dans le terme “urgence climatique”. Le ton est donné.

Pour être plus précis, la fin de tous les emballages plastique à usage unique sera progressive et commence en 2020. Le décret n° 2019-1451 du 24 décembre 2019 relatif à l’interdiction de certains produits en plastique à usage unique interdit au 1er janvier 2020 uniquement la vaisselle jetable vendue en lot en grande surface, les cotons-tiges et les bouteilles d’eau plate dans les services de restauration scolaire.

Publication de Brune Poirson sur Twitter

Face à ce que l’on pourra considérer, au choix, comme un manque d’ambition ou un délai nécessaire, rien ne nous empêche, en tant que consommateurs, d’éviter l’usage du plastique à chaque fois que c’est possible.
Commençons par proscrire l’usage des plastiques dans l’alimentation. Parmi les 7 familles de plastique répertoriées, le PET, le plastique des bouteilles d’eau minéral, fait parti des plus toxiques car il génère de l’antimoine, un métal potentiellement cancérigène, proche de l’arsenic. Plus on conserve l’eau longtemps dans ce contenant, plus les substances toxiques la contaminent. C’est vrai aussi de tous les autres contenants, emballages, boites dans lesquels on achète nos aliments. Les plastiques souples et en polychlorure de vinyle (PVC) libèrent des microparticules (dioxyne, phtalates) dans la charcuterie, la viande, les fruits achetés sous vide. Les célèbres boites en plastique vendues à domicile, à base de polypropylène, ne font pas mieux. Les polycarbonates composant les boites alimentaires ou les biberons ne contiennent plus de bisphénol A, interdit depuis 2015, mais des bisphénol S ou F qui auraient les mêmes effets.

Ces effets, justement, parlons-en.

Une équipe allemande a récemment testé des emballages plastiques couramment utilisés : pots de yaourt, couvercles de tasses à café, flacons de shampoing… Les chercheurs ont pu observer, écrit Stéphane Horel, journaliste au Monde, “que ces plastiques déploient tout un éventail de toxicité. Six produits sur dix induisent une toxicité dite de référence ; quatre sur dix provoquent un stress oxydatif, à l’origine d’inflammations potentiellement nocives pour l’organisme ; trois sur dix sont toxiques pour les cellules ; trois sur dix également indiquent une perturbation endocrinienne, certains imitant les œstrogènes, d’autres bloquant les hormones sexuelles masculines”.

Un exemple concret ? Combien de buveur de thé savent que les sachets en nylon ou en polytéréphtalate d’éthylène dans lesquels sont conditionné leur thé favori, éventuellement bio, libèrent des particules plastiques quand ils infusent ? Pour être précis, “Un sachet de thé libère 13 à 16 microgrammes de plastique, d’une taille d’un grain de poussière ou de pollen”. Chaque semaine, un être humain ingèrerait l’équivalent du poids d’une carte de crédit, selon une étude de l’université de Newcastle commandée par le WWF (PDF en anglais) ! Or, on sait aujourd’hui que certains plastiques (PVC, PET et autres) contiennent des perturbateurs endocriniens et ont des effets sur les fonctions sexuelles, la fertilité ou la survenue de cancer.

Les gestes à adopter

Imprimer ce tableau et évitez les plastiques des catégories 1, 3, 6 et 7.
Si vous ne pouvez pas éviter totalement le plastique, privilégiez les plastiques 2, 4 et 5.

Conservez le moins longtemps possible les aliments dans ces matériaux, et ne les réchauffez jamais, même si l’étiquette indique de le faire ! Utilisez des récipients en verre, en inox et en porcelaine.
C’est vrai aussi de l’eau : ne laissez pas une bouteille exposée au soleil !

Ne conservez pas des emballages plastiques usés en phase de dégradation.

Evitez les assiettes et les couverts en plastique. C’est mauvais pour vous, et mauvais pour la planète.

Crédits

Photo : © Adobe Stock

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