allergies aux pollens

Pour certains, les balades à la campagnes, les jeux dans les parcs verdoyants ou l’ombre agréable d’un platane au moment du déjeuner, ont un arrière-goût qui gratte, pique, tire les larmes et fait renifler. Dame Nature n’est pas tendre avec les malheureux en amour que sont les allergiques aux pollens.

Rhinite allergique, asthme, eczéma en augmentation constante

Depuis une trentaine d’années, le nombre de personnes allergiques est en constante augmentation dans les pays industriels : 25 à 30% de la population souffrirait d’une allergie, les plus communes étant l’eczéma atopique (15 à 20%) et la rhinite allergique (15 à 20%), loin devant les allergies alimentaires (2% chez les enfants, 5% chez les adultes).

La rhinite allergique est principalement causée par les acariens, les pollens et les chats. Les pollens d’arbres, de graminées et d’herbes, toutes les plantes anémophiles,  c’est-à-dire dont le pollen est disséminé par le vent, peuvent occasionner des pollinoses sévères, comme ceux de l’ambroisie, qui colonise les friches d’août à septembre. Après le cocktail bouleau, graminées et chêne qui nous embête d’avril à mai, l’ambroisie a la vedette l’été, particulièrement dans la région Rhône-Alpes, mais on la trouve ailleurs en France. Cette plante arrivée d’Amérique du nord au 19ème siècle peut entraîner des symptômes de rhinite sévères (10 à 20 % de la population y serait allergique). Or, « une rhinite allergique, même légère, mérite une consultation chez le médecin traitant », explique l’allergologue Jean-François Fontaine, qui rappelle qu’elle augmente le risque d’asthme, l’une des maladies chroniques les plus fréquentes en France.

 

Un mécanisme immunitaire qui s’emballe face aux allergènes

En cas d’irruption de corps ou de substances étrangères dans notre organisme, notre système immunitaire, à l’affût, repère les intrus (parasites, virus, bactéries pathogènes…) et les attaque pour les détruire. Les pollens, ces pneumallergènes ou aéroallergènes qui pénètrent l’organisme par voie aérienne et respiratoire, ne sont pas en eux-mêmes dangereux. Mais ils déclenchent pourtant, dans certains cas, une réaction du sytème immunitaire. Dans un premier temps, ce dernier répond à la présence répétée d’allergène sans provoquer de symptôme. C’est l’étape de sensibilisation. Dans un second temps, il s’emballe au point de nous faire pleurer toutes les larmes du corps et user un nombre astronomique de mouchoirs en papier chaque année.

 

Ce sont les immunoglobulines de type E (IgE), dont la fonction « utile » est de lutter contre les parasites, qui sont impliquées dans la réponse excessive du sytème immunitaire (PDF) face aux pollens. Très présents sur la peau, dans les poumons et le tube digestif, associés à des cellules immunitaires, les IgE ont la mauvaise idée de se lier aux pollens lorsqu’ils les rencontrent, ce qui active la réponse immunitaire et le largage de médiateurs chimiques (notamment l’histamine) responsables de la réaction allergique : nez qui coule ou bouché, démangeaisons du nez, du palais et des yeux, éternuements, conjonctivite, difficulté à respirer, voire crise d’asthme.

 

Des prédispositions génétiques… et des modifications épigénétiques pour expliquer les allergies

On sait que l’exposition à un allergène n’est pas suffisant pour déclencher une réaction allergique. Il faut que les personnes aient une prédisposition génétique à fabriquer des anticorps IgE : on parle de terrain atopique. Les changements génétiques étant très lents au sein d’une espèce, comment expliquer l’évolution rapide de la fréquence de cette maladie ? Comment le réchauffement climatique, en particulier, qui modifie les aires de production de pollens et allonge la période de pollinisation, peut-il être responsable de l’augmentation d’une maladie soumise à des facteurs héréditaires ? Par le biais d’effets épigénétiques, répondent les scientifiques, c’est-à-dire de modifications de l’expression de nos gènes sous les contraintes de l’environnement. Une étude (en anglais) a ainsi montré que des marques épigénétiques spécifiques, liées à la saison de naissance, étaient corrélées à un risque d’asthme pour les natifs des mois d’automne et d’hiver, et d’eczéma pour ceux qui sont nés au printemps. La bonne nouvelle est qu’une modification épigénétique est réversible.

 

Prévenir les allergies aux pollens et ne pas négliger de consulter un médecin

Eternuements, larmoiements, toux et fatigue saisonnière sont les signes que vous êtes peut-être allergiques aux pollens. Les recommandations sont, à la maison, de se rincer les cheveux le soir, de favoriser l’ouverture des fenêtres avant le lever et après le coucher du soleil, et d’éviter l’exposition aux autres substances irritantes ou allergisantes (tabac, produits d’entretien, parfums d’intérieur, encens, etc.).

 

A l’extérieur, il est recommandé de réserver si possible les activités qui entraînent une surexposition aux pollens (jardinage, sport…) aux fins de journée, de porter des lunettes de protection et des masque, d’éviter de faire sécher le linge à l’extérieur et de garder les vitres fermées en voiture (dont il faut penser à changer le filtre à pollen chaque année). Les porteurs de lentilles de contact choisiront des lentilles rigides ou des lentilles souples jetables. Enfin, les baignades en piscine ne sont pas conseillées car le chlore peut aggraver les symptômes d’une rhinite allergique.

 

Quand un lavage du nez avec un sérum physiologique ou un spray d’eau de mer, ou que la prise de l’antihistaminique conseillé par votre pharmacien, ne suffisent pas à calmer les symptômes, il faut consulter votre médecin traitant pour éviter les complications telles que l’asthme, voire une dégradation de la santé mentale. Souvent empêchées de pratiquer les activités qu’elles aiment et perturbées de manière chronique dans leur sommeil, les personnes allergiques peuvent en effet souffrir de stress, voire de symptômes dépressifs, du fait d’une qualité de vie altérée. Inversement, le stress aggrave les phénomènes allergiques : allergie et stress vont alors s’entretenir mutuellement.

 

Des traitements existent. Les corticoïdes, prescrits sur de courtes durées, réduisent les symptômes. L’immunothérapie (ou désensibilisation) a, quant à elle, pour objectif la rééducation du système immunitaire, par administration d’extraits allergéniques pendant une période de 3 à 5 ans, et vise la guérison. C’est l’amélioration de la qualité de vie, de la santé physique et de la santé mentale des personnes allergiques qui est en jeu.

 

— Pour aller plus loin —

 

1er mai, après une journée à célébrer comme il se doit la fête du travail, on se retrouve entre amis autour d’une table pour profiter d’une douce soirée printanière et là, catastrophe, un bouleau nous rattrape et nous rappelle à notre condition… d’allergique ! Heureusement, des applications sont là pour nous aider.

 

Alertes pollens permet de consultez les alertes polliniques du Réseau National de Surveillance Aérobiologique (R.N.S.A.). Disponible sur Play store et Apple store.

 

Ma vie d’Allergik permet de suivre votre allergie respiratoire au jour le jour et d’avoir des informations pratiques, des astuces et conseils, etc… Disponible sur Google Play et l’Appstore.

 

Pollen fournit une prévision de pollinisation personnalisée pour les trois jours à venir dans votre zone, et calcule votre niveau personnel d’exposition. Disponible Google Play et l’App Store.

 

Mask-Air a été développée par des médecins-chercheurs pour traiter la rhinite allergique. En indiquant, pendant 7 jours consécutifs, l’évolution de vos symptômes, vous pourrez définir le traitement qui vous convient le mieux, à l’aide de professionnels de santé si besoin. Disponible sur Google Play et App Store.

Texte : © J.-C. Moine / Ethnomedia
Photo : © Budimir Jevtic