Dépistage du cancer : la presse s’emballe

Vu des médias, Patrizia Paterlini-Bréchot est à l’origine d’une avancée décisive dans la lutte contre le cancer. On veut y croire, à condition que le buzz serve un véritable espoir…

En ces temps de confusion entre information et marketing, on ne s’étonnera pas qu’une célèbre oncologue venant de publier le roman de vingt ans de lutte contre la maladie fasse la tournée des popotes pour en assurer la promotion. Qui s’en plaindrait, d’autant que les bénéfices seront reversés à la recherche, affirme Patrizia Paterlini-Bréchot, auteure de Tuer le cancer. D’interview en interview, elle martèle une bien bonne nouvelle : le test sanguin qu’elle a développé (et commercialise depuis l’an dernier) pourrait permettre un jour de détecter les cancers en amont de leur développement et réduire la mortalité.

Dépistage du cancer : la presse s'emballe

Patrizia Paterlini-Bréchot dans le Le magazine de la santé, le 18 janvier 2017

Dépistage du cancer : la presse s'emballe

Patrizia Paterlini-Bréchot sur France Inter, le 19 janvier 2017

Dans le concert d’articles enthousiastes qui entourent cette scientifique surmédiatisée depuis quelques semaines, nous n’avions aucune raison de douter de la validité de ses travaux, présentés comme « révolutionnaires », s’il n’était un portrait assez peu flatteur paru dans Libération. Le quotidien la réduit à une « pro de la com » plutôt que des éprouvettes, qui, en quête de financements, survendrait la portée de sa découverte. Dont acte. Cela n’engage que Libé, qui d’ailleurs, étaye peu son propos.

Pour ce qui nous concerne, après un épluchage en règle de quantité d’interviews, on ne voit rien à redire. On pourrait éventuellement reprocher à la presse son manque de prudence et de sens critique quand elle reprend les affirmations de cette dame, mais il faut bien reconnaitre qu’elle est convaincante. On aurait aussi pu s’agacer de la façon dont Patrizia Paterlini-Bréchot récite un discours très étudié, mais même pas. C’est après tout le signe d’une constance qui inspire plutôt confiance. Quant au fond, à ce que cette fameuse technologie « ISET » apportera à la médecine prédictive, on suivra ses avancées avec grand intérêt.

En attendant, chacun se fera sa petite idée à partir de la sélection de liens ci-dessous.

• Pour faire le tour de la question, nous vous recommandons l’émission de PourquoiDocteur qui a recu Patrizia Paterlini-Bréchot une petite demi-heure. Tout y est dit, de son cheminement à ses ambitions, en passant par le fonctionnement de sa technologie et les questions de financement.

• Egalement en vidéo, on a apprécié le passage télé de la scientifique sur Arte, et, visible sur la même page, son intervention l’an dernier lors d’une conférence TEDx.

• Il y a quelque chose de romanesque dans le personnage et le parcours de Patrizia Paterlini-Bréchot, ce qui renforce l’intérêt de la presse féminine qui voit en elle une héroïne à la Marie-Curie et une guerrière au grand coeur partie en croisade contre la maladie. Pour preuve : ces portraits dans Marie-Claire, Le Journal des Femmes ou AuFéminin, dithyrambiques.

• Les médias généralistes ne sont pas en reste et alterne entre information scientifique et petite histoire. On pourrait en citer des dizaines, mais on se cantonnera au papier assez complet du Point et à la matinale de France Inter (vidéo intégrale en bas de page).