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La presse en parle

Les médecins sont invités à davantage prescrire de sport

par | 24 octobre 2018

Les médecins sont invités à davantage prescrire de sport

par | 24 octobre 2018

Mots clés des maux et maladies :

Depuis 2016, une loi autorise les médecins à prescrire une activité physique à des patients atteints d’une maladie chronique. Une possibilité trop peu utilisée selon la Haute autorité de santé.

Mots clés des maux et maladies :

L’article L. 1172-1 du code de la santé publique stipule que “dans le cadre du parcours de soins des patients atteints d’une affection de longue durée, le médecin traitant peut prescrire une activité physique adaptée à la pathologie, aux capacités physiques et au risque médical du patient”.

Cette mesure, applicable à partir de mars 2017, s’adresse à environ 11 millions de Français souffrant d’une maladie chronique. Nous vous en disions tout dans notre revue de presse du 1er mars 2017.

Le “sport-santé” est une thérapeutique non médicamenteuse reconnue par la HAS, qui, dans un rapport de 2011, confirmait l’importance de la prescription de l’activité physique régulière dans la prise en charge des maladies cardiovasculaires et des troubles du sommeil.

Ce rapport a d’ailleurs incité la ville de Strasbourg à mettre en place, dès novembre 2012, un programme municipal Sport Santé qui prend en charge les patients pour lesquels le médecin traitant a prescrit une activité sportive adaptée. La ville est devenu la capitale du sport-santé sur ordonnance !

Les médecins ont toujours préconisé la pratique d’une activité physique, mais ce qui change avec le “sport sur ordonnance”, c’est le poids donné à leur avis : la prescription d’activités sportives recommandées prend une toute autre valeur qu’un simple conseil.

Cependant, le dispositif “patine”, la presse parle de “bilan mitigé”, de “début laborieux”, reprenant largement, dès le début de l’année 2018, les conclusions de la “mission flash” de l’Assemblée nationale, menée par le député LREM Belkhir Belhaddad : bien que largement approuvé, le dispositif réglementaire et la difficulté d’évaluer les éducateurs sportifs adaptés seraient trop contraignant, de nombreux médecins ne seraient pas suffisamment formés aux enjeux du sport-santé et, ce n’est pas le moindre, la Sécurité sociale ne prenant pas en charge les prescriptions, les séances sportives pourraient s’avérer trop coûteuses pour les patients. L’interview de Belkhir Belhaddad accordée au blog malades de sport est informative.

Pour la HAS, qui reprend les conclusions de ce rapport, l’obstacle principal serait côté médecin, avec un manque d’appropriation du dispositif. « Le sport fait peur », remarque le cardiologue François Carré dans Le Télégramme. Patient et médecin craindraient l’accident cardiaque, alors que « le risque est infime et les bienfaits largement supérieurs ». A la décharge des médecins, les recherches concernant l’impact du sport sur les maladies sont récentes et ils n’ont pas encore à disposition toutes les recommandations nécessaires. Et l’on préfèrera parler d’activité physique au sens large plutôt que de sport.

L’HAS publie donc un guide pratique (PDF) à l’attention des médecins. Ces derniers y trouveront un socle de connaissances sur l’activité physique et la sédentarité, et leurs impacts sur la santé ; le déroulé d’une consultation dédiée à l’activité physique ; un questionnaire d’aptitude à l’activité physique ; une grille d’évaluation du risque d’évènements cardiovasculaire graves liés à l’exercice ; des outils d’évaluation de la condition physique et de l’état de motivation en cabinet, etc.

Si les patients ont salué le dispositif, ils ont vite constaté ses limites avec la non-prise en charge par l’Assurance Maladie, comme le souligne la Voix des patients. Certes, l’implication des médecins est nécessaire, mais pour le Dr Feltz, médecin généraliste et adjoint au maire de la ville de Strasbourg en charge de la santé publique, ce problème du financement est central. La soixantaine de villes françaises ( Biarritz, Caen, Dunkerque …) qui pratiquent la prescription de sport sur ordonnance souhaitent “que la sécurité sociale s’engage” avec les autres financeurs (collectivités territoriales, mutuelles, hôpitaux …).

Rappelons pour finir qu’une recommandation pour améliorer sa santé est de bouger 30 minutes par jour !

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