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Edito

10 avril 2020

Hydroxychloroquine, pas d’automédication — L’usage de l’hydroxychloroquine comme traitement du COVID-19 est à l’origine d’une querelle scientifique, politique et sociale intense. Le professeur Raoult fait fi des protocoles standards des essais cliniques, contre l’avis des autres experts, pour, dit-il, faire de la médecine et sauver des vies. Ce choix, délétère et irresponsable pour les uns, se justifierait par une nécessaire médecine d’urgence pour le autres. Mais l’attitude triomphaliste et la communication spectaculaire, et peut-être précipitée, du professeur marseillais ont provoqué une levée de bouclier de ses confrères, et ont plongé la population dans le doute et l’incompréhension, faisant vaciller une nouvelle fois sa confiance dans la médecine.
Nous ne nous prononcerons pas sur le fond mais souhaitons attirer l’attention sur deux conséquences de ce bazar médiatique et de cette publicité mal maîtrisée autour de ce médicament : d’une part, la ruée vers les stocks d’hydroxychloroquine disponibles peut entraîner une pénurie, comme aux Etats-Unis, et priver de leur traitement les personnes atteintes de polyarthrite rhumatoïde et de lupus ; d’autre part, il existe un risque fort d’automédication, qui peut conduire à un surdosage dangereux pour la santé. Que vous soyez Raoult-sceptique ou Raoult-groupie, vous ne devez donc pas prendre d’hydroxychloroquine en automédication. Ce médicament n’est aujourd’hui prescrit que sur décision médicale collégiale, à l’hôpital, et après avoir fait un électro-cardiogramme et un dosage du potassium dans le sang. Une prudence que le professeur Raoult lui-même conseille, certes avec une longueur de retard sur l’Agence nationale de sécurité du médicament, mais on ne lui reprochera pas, cette fois-ci, de communiquer intelligemment : « Il ne faut pas improviser, ce sont quand même des médicaments et il faut faire attention ». Merci professeur.

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