vaccins : une piqure de rappel face au doute

4. Pourquoi vacciner les plus jeunes ?

On comprend bien que l’idée d’inoculer des pathogènes à des nourrissons puisse inquiéter les parents, a fortiori quand on leur parle de vaccins combinés, contre des maladies dont ils ont perdu de vue les méfaits, ou de maladies dont ils pensent qu’elles ne sauraient affecter un enfant, telle l’hépatite B, essentiellement transmissible par voies sanguine et sexuelle.

Mais on a oublié que des maladies infantiles courantes, que l’on considérait encore au siècle dernier comme un passage obligé, pouvaient être mortelles ou laisser des séquelles. Il semble donc raisonnable d’exposer son bébé à des désagréments passagers (inflammation locale après l’injection, légère poussée de fièvre, manque d’appétit, humeur ronchonne…), pour lui épargner des symptômes bien plus sévères.
Très marginalement, des effets secondaires plus graves peuvent survenir, comme après la prise de tout médicament. Mais, statistiquement, c’est extrêmement rare et, même dans ce contexte, les conséquences sont infinitésimales comparées à celles d’une infection par le microbe ciblé.

Qui plus est, même pour protéger contre des maladies qui ne surviendront a priori que bien plus tard, stimuler le système immunitaire dès le plus jeune âge semble être plus efficace et durable. Quant à l’idée que le frêle organisme des bébés en souffrirait, il n’en existe pour l’heure aucune preuve scientifique ni même d’indice. Au contraire, dans ce bouillon de culture que découvre le système immunitaire des nourrissons, favoriser la fabrication d’anticorps ciblés contre certaines attaques, telle que celle du trop méconnu Haemophilus influenza, peut sembler du bon sens. Y compris dans les pays développés, cette bactérie est en effet une cause majeure de pneumonie et de méningite chez l’enfant.

POUR ALLER PLUS LOIN

• Le Figaro santé se demande : Y a-t-il des vaccins obligatoires qui sont inutiles ?