Du pipi inopiné aux vertus supposées de l’urine

Trichloramine, Énurésie, Amaroli… ou comment en trois mots, l’urine fait parler d’elle, parce qu’elle est toxique dans les piscines, problématique au lit et supposément bonne pour la santé.

Il est parfois dans la presse de drôles d’alignements de planètes, ainsi celui qui en cette fin mai 2017 a mis à l’honneur l’urine sous toutes ses formes, qu’on la vidange discrètement dans la piscine au risque d’intoxiquer les baigneurs, qu’on s’en libère la nuit, quitte à mouiller son lit, ou qu’on la boive, parce que la liqueur sécrétée par nos reins prodiguerait quantité de bienfaits.

• Dans la mer, passe encore, c’est bien ce que font tous les poissons, mais uriner dans la piscine est hors de question. Il y a quelques semaines, une étude des plus sérieuses avait révélé qu’au Canada, piscines publiques et jacuzzis contenaient une dose non négligeable de pipi, de l’ordre de 30 à 75 litres pour un bassin moyen. Le magazine Popular Science repris notamment par Europe 1 enfonce le clou : si les pisseurs étaient marginaux, il n’y aurait pas de problème, mais vu la proportion d’indélicats, le mélange chlore-urine à l’origine de composés toxiques pose un vrai problème de santé.

• Le petit souci, aussi commun que tabou méritait bien que l’on en parle au moins une fois par an. Pour la deuxième fois ce 29 mai, s’est tenue la journée mondiale de l’énurésie, ou vulgairement parlant du « pipi au lit ». Contrairement aux idées reçues, la cause est plus souvent physique que psychologique apprend-on sur PourquoiDocteur, qui insiste sur la nécessité de consulter. En revanche l’énurésie a des répercussions psychologiques, explique un spécialiste de l’urologie pédiatrique à Destination Santé, selon qui il ne faut ni banaliser le problème, ni le voir comme une fatalité. Quant aux personnes, adultes, qui se lèvent plusieurs fois par nuit pour aller faire pipi, à la lecture de cet article du Figaro sur la nycturie, on leur recommande de réduire leur consommation de sel.

• A la faveur de la sortie d’un livre, « Le rein a bon dos », qui lui accorde plusieurs chapitres, des médias de premier plan ont redécouvert une pratique ancestrale qui compte toujours de nombreux adeptes, mais n’a scientifiquement jamais fait ses preuves : l’amaroli, ou la thérapie par l’urine, consommée par voie orale ou en application locale. Europe 1, Le Point et Femme actuelle ont consacré à l’urinothérapie des papiers assez complets et complémentaires, qui pointent les vertus supposées du pipi au petit déjeuner, sans ignorer les dangers de cette pratique.

 

Crédit photo : © rcfotostock / Fotolia.com