Cancer colorectal : un dépistage simple, vital et gratuit

En mars, les autorités sanitaires communiquent sur les cancers du gros intestin, très communs, très meurtriers, et pourtant faciles à soigner quand les patients se font dépister à temps.

A l’image de la campagne « Octobre rose » d’information sur le cancer du sein, « Mars bleu » veut lever le tabou qui entoure le cancer colorectal, parce qu’il serait moins glamour ou plus sale. Il n’empêche que, si le dépistage organisé des tumeurs mammaires a été remis en question cette année, celui des lésions au côlon ou au rectum fait l’unanimité dans le monde médical.

Il est d’un intérêt vital, car ce cancer insidieux ne se manifeste souvent qu’après des années d’évolution, une fois qu’il est trop tard pour éviter sa propagation. A contrario, dans neuf cas sur dix on guérit très bien de cette maladie si elle est détectée en amont des premiers symptômes. Et l’on dispose d’un moyen simple de le faire par l’analyse de matière fécale. Plus le diagnostic, à confirmer par une coloscopie, est précoce, plus le traitement pourra être anodin.

 

« Cancer colorectal : pourquoi se faire dépister ? », par l’Institut national du cancer

 

Les professionnels de santé ont beau marteler que ce cancer est l’un des plus répandus et celui qui fait le plus de victimes après le cancer des poumons, à peine un tiers des 50 à 74 ans, à qui l’on propose, gratuitement, le test immunologique tous les deux ans l’acceptent. On comprend bien que même à cet âge, puisse subsister une gêne un peu enfantine à évoquer une zone si intime avec son médecin traitant. De même, nul n’affirme que faire caca dans un papier pour prélever un échantillon de selles coule de source, mais les enjeux sont tels que ces cinq minutes un peu bizarres dans la solitude des w.c. semblent dérisoires.

NB : précisons, car l’intitulé « mars bleu » par analogie avec « octobre rose », pourrait induire en erreur, que le cancer colorectal frappe indistinctement les hommes et les femmes.

Europe 1 et 20 minutes ont consacré des papiers assez complets à cette campagne.

• Pour tout savoir du cancer colorectal, on se tournera vers le dossier de l’Assurance maladie ou celui médicalement très pointu de PourquoiDocteur.

• Sur le site de l’Institut national du cancer, on ne manquera pas les deux vidéos qui expliquent de façon succincte, pour l’une, comment et pourquoi se faire dépister et, pour l’autre, concrètement, comment utiliser le kit.

• Parallèlement à « Mars bleu », les hépato-gastroentérologues montent au front dans le cadre des Côlons Days, du 7 au 14 mars. Sur le site de cette opération, on trouvera un annuaire des médecins ouvrant leurs portes au public et à la rubrique vidéo, on en apprendra plus sur la coloscopie. Attention, les images sont brutes.

• L’association France Côlon vient de publier les résultats d’une enquête intéressante menée auprès de 225 patients sur « la vie avec un cancer colorectal ».

• Le site de son homologue canadienne est tout aussi riche. On y appréciera particulièrement la page dédiée à la prévention, « Saines habitudes de vies », notamment alimentaires.

• Il est d’autant plus urgent de les adopter que, selon une récente étude, les cancers du côlon sévissent de plus en plus souvent avant 50 ans.

 

« Dépistage du cancer colorectal : mode d’emploi du test », par l’Institut national du cancer