Médecine esthétique, les bonnes pratiques

Médecine esthétique, les bonnes pratiques

Si, pour répondre à l’injonction de jeunesse de notre société, l’idée d’une petite injection ne vous fait pas peur, vous êtes prêt pour un acte de médecine esthétique. Médecine et esthétique, des mots qui vont bien ensemble ?

Le marché de l’esthétique médicale ? Un univers en expansion continue depuis l’arrivée de la toxine botulique, il y a une petite quinzaine d’années. A ne pas confondre avec la chirurgie, qui implique un passage au bloc, la médecine esthétique tente un tiers des Françaises interrogées qui y ont eu recours ou l’envisagent, selon une étude IFOP de mars 2016 pour Filorga, un leader du marché de l’anti-âge médical. Mais, comme souvent dans le sillage de la jeunesse, de la beauté et… de l’argent, un parfum de polémique flotte autour de la médecine esthétique car les effets indésirables, immédiats ou à retardement, peuvent être dévastateurs. Chacun a pu croiser dans sa vie des porteuses de lèvres de mérou, ce genre de ratage n’étant pas le pire.
Il ne s’agit pas pour autant de jeter la convoitée peau de bébé avec l’eau du bain… Apivia Prévention fait le point sur ce qui se pratique en termes de médecine esthétique.

Des risques bien identifiés.

Commençons par exclure les techniques de lyse adipocytaire, proposées pour affiner la silhouette, interdites par les autorités sanitaires en 2012. Lyse adipocytaire, rien que le nom écorche les oreilles… En cause de cette interdiction, de nombreux signalements de complications graves dans les jours ou semaines suivant les actes : hématomes, infections, nécroses…
Ces techniques ont en effet un caractère éminemment invasif, on parle quand même d’effraction cutanée ! L’une d’elles consiste à injecter de fines gouttelettes d’une solution à base d’eau dans l’adipocyte (le joli nom des cellules graisseuses) qui fait gonfler celui jusqu’à l’éclatement. Un peu gore.
De fait, le Ministère de la Santé a considéré comme inacceptable que des pratiques à visée esthétique fassent courir un risque de complications médico-chirurgicales graves à des personnes en bonne santé.

Côté rides, qui sont des fractures du derme à combler, exit les produits d’origine animale, le silicone et autres produits de comblement de rides dits non résorbables (Dermalive, Artécoll, Alcamide), qui persistent définitivement dans la peau, et dont le risque d’effets indésirables graves très retardés n’est pas maîtrisé. En 2014, il était question pour ces produits non résorbables de risques infectieux graves.

Egalement dans le viseur de l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé (AFSSAPS), les achats sur Internet, potentiellement des contrefaçons. Celles-ci pénètrent en France le plus souvent par transport postal, ce qui rend difficile leur détection. Leur présence dans les circuits illégaux leur permet d’échapper aux contrôles réguliers réalisés par les autorités sanitaires.
Attention, il faut savoir que les dispositifs médicaux achetés sur Internet même lorsqu’ils sont proposés sous un nom connu déjà commercialisé, ne sont pas toujours ceux qui ont fait l’objet d’un marquage CE médical. Dans des conditions de fabrication, de stockage et de transport non contrôlées, ni la qualité, ni la conservation des dispositifs médicaux achetés sur Internet ne peuvent être garanties.

Au programme des réjouissances objectif jeunesse, la presse féminine parle encore d’autres techniques plus ou moins invasives : peelings pour faire peau neuve, radiofréquence tripolaire pour rematelasser le derme, ultrasons pour retendre les tissus, plasma lift pour réparer… Certaines semblent softs et presque naturelles tandis que d’autres font un peu peur, notamment en ce qui concerne les fils tenseurs pour le cou lorsque certains chirurgiens évoquent le risque de voir les fils de suspension casser, migrer ou s’infecter. Tout ça dedans soi, ça laisse songeur… et ferait finalement trouver charmant un cou à la peau relâchée !

Maso, non, méso pourquoi pas…

Bien des rhumatologues, dentistes, ophtalmologues et ORL manient également la seringue et le laser : facilité apparente, rémunération attrayante, absence de formation préalable obligatoire… En effet, les formations privées et les congrès de médecine esthétique, au cours desquels laboratoires et industriels proposent des ateliers de démonstration de leurs produits et appareils, constituent l’essentiel de la formation de 80 % des médecins qui pratiquent ! L’Association française de médecine esthétique (AFME) dit « réclamer depuis quinze ans au ministère de la santé une formation en médecine esthétique prise en main par les pouvoirs publics, donc indépendante ».
Dans tous les cas, la garantie essentielle d’un acte sans complication passe par le recours à des professionnels qualifiés, dont on aura vérifié l’inscription à l’un des nombreux syndicats ou associations professionnels de médecins esthétiques.

Le médecin doit respecter de strictes règles d’hygiène et d’asepsie et maîtriser chaque technique, qui comporte des repères anatomiques très précis. Bien évidemment, un bon professionnel mènera en amont de tout geste une étude clinique et morphologique, ainsi que psychologique. « On ne fera pas d’injection à quelqu’un qui a d’abord besoin d’un accompagnement psychothérapeutique », souligne le Docteur Hind Bellicaud Laanait, le médecin interrogé par Apivia Prévention. Diplômée du Collège national de Médecine esthétique et membre de l’association française de médecine esthétique et anti-âge (AFMEaa), elle utilise la mésothérapie. Or si vous avez bien suivi depuis le début, en France un décret d’avril 2011, confirmé en février 2012 par le Conseil d’État, interdit la technique de lyse adipocytaire utilisant des injections de mélanges mésothérapeutiques.
A cette nuance près que les injections intradermiques superficielles sont, elles, autorisées, ce qui laisse ouvert le champ d’applications de la mésothérapie : problèmes de cellulite de tous types, cicatrices, vergetures, chute des cheveux, et même utilisation en médecine du sport pour soulager la douleur avec un mélange de produits injectables élaboré par le médecin.

Super hydratant de compét’, l’acide hyaluronique.

La mésothérapie s’applique également au vieillissement cutané et au comblement des rides superficielles : les micro-injections d’acide hyaluronique permettent d’hydrater la peau et de combler rides et ridules. En effet, l’acide hyaluronique est un composant naturel de notre organisme qui diminue avec l’âge. Le principe des injections est donc de compenser les carences de l’organisme.
Là encore, savoir qu’il existe actuellement 80 acides hyaluroniques commercialisés par 25 fabricants différents, peut alimenter une légère paranoïa. Mais les experts sont catégoriques : les produits sont résorbables et les quelques complications observées toujours réversibles. La sécurité va dans le sens de la qualification des médecins et la rigueur des contrôles de production de l’acide hyaluronique.

Connu pour ses effets sur la peau, celui-ci est également magique au niveau du vieillissement des tissus vaginaux… « Cela a changé la vie de certaines de mes patientes. Les femmes doivent savoir ! » insiste le Docteur Hind Bellicaud Laanait. Découvrez les bienfaits insoupçonnés de l’acide hyaluronique dans notre vidéo.

La « French Touch », reconnue et enseignée dans le monde entier.

Le principe est d’intervenir au cas par cas. Le Docteur Laanait parle de « plan de traitement » selon les besoins de chaque patient. Au menu, acide hyaluronique, botox, vitamines, antioxydants, anesthésiant, dosés sur mesure. Gravité, j’aurai ta peau !

Agir maintenant, par petites touches, sans attendre que les rides soient vraiment creusées, en prévention, c’est en synthèse le credo de la médecine esthétique actuelle. En effet, une fois la fracture du derme installée, on aura beaucoup de mal à la faire disparaître. Et plus on intervient tôt et progressivement, plus le résultat est naturel.
Car c’est cela l’exception française recherchée par les femmes du monde entier : un savoir-faire du naturel sans chercher à rajeunir à tout prix mais plutôt en améliorant la qualité de la peau.

Pas aussi antinomiques qu’on pourrait le penser a priori, les mots « médecine » et « esthétique » ouvrent ainsi une nouvelle voie vers l’anti-âge, ou plutôt vers le ralentissement d’un processus, un mieux vieillir et même, vers la découverte d’un certain bien-être…

 

POUR ALLER PLUS LOIN

• Une photographie de la perception de la médecine esthétique dans notre société sur lemonde.fr

• Tout savoir sur l’acide hyaluronique et sur la mésothérapie (PDF).