Halte à l’arthrose

Halte à l’arthrose

par | 19/06/2014 | BIEN VIEILLIR

Comme 9 à 10 millions de personnes en France, Brigitte souffre d’arthrose, une maladie évolutive qui touche les articulations, provoquant douleur et perte de mobilité. Ralentir son évolution est aujourd’hui possible, en combinant médicaments et hygiène de vie.

Une radio, un examen clinique et le diagnostic tombe : Brigitte, 55 ans, apprend que sa douleur au genou est due à de l’arthrose. Elle s’inquiète, se sent vieille et craint de ne plus pratiquer son activité favorite, la randonnée. Son médecin généraliste la rassure : elle ne doit surtout pas abandonner la marche. Une étude récente a démontré que 6 000 pas par jour réduisent le handicap du à l’arthrose. En dehors des périodes de crises inflammatoires, c’est même essentiel pour garder un bon tonus musculaire et soutenir l’articulation. Brigitte est orientée vers un rhumatologue qui va décrire son arthrose et lui expliquer les traitements disponibles.

Plusieurs actions en même temps

Ce sont alors des anti-inflammatoires, parfois de la cortisone en injection dans le genou, une à deux fois par an. Son rhumatologue lui prescrit aussi un anti-arthrosique à base de chondroïtine sulfate et glucosamine. Si leur efficacité n’est pas flagrante, leur innocuité est prouvée, il tente donc un traitement qu’ils arrêteront s’il n’y a pas d’effet notable après 6 mois. En parallèle, grâce à une alimentation saine, Brigitte arrive à perdre une dizaine de kilos qui ne pèsent plus sur son articulation, et elle voit un kinésithérapeute. Par des massages et des exercices appropriés, ils vont renforcer les muscles de toute sa jambe et aider son genou.

Attention aux remèdes-miracles

De temps en temps elle fait une séance de champs magnétiques chez son kiné, juste pour soulager un peu sa douleur, mais elle n’installe surtout pas un appareil chez elle ! Cela fait partie des arnaques proposées sur internet, tout comme les magnétiseurs, traitement « émotionnel » et médicaments soit-disant révolutionnaires… Brigitte étudie les conseils d’un médecin phytothérapeute, sans arriver à se faire un avis. Et les remèdes lui semblent coûteux. Elle préfère donc rester dans le parcours de soins classique, avec des traitements remboursés par l’Assurance Maladie. Elle tente une injection d’acide hyaluronique mais cela ne fonctionne que pour un patient sur deux, et pas sur les autres articulations. Lors des crises inflammatoires, elle porte une orthèse pour maintenir son genou droit. Son rhumatologue lui a proposé une cure thermale mais ses séances d’aquagym et son week-end de thalassothérapie lui font autant de bien, les eaux ne sont pas « magiques ».

Dernier recours : la chirurgie de remplacement

Aujourd’hui Brigitte envoie une carte postale à son chirurgien : « Je ne pensais pas y arriver et me voici en train de fêter mes 70 ans sur le toit du monde ! Merci pour ce nouveau genou, j’en suis très satisfaite ». Dix mois plus tôt, son chirurgien avait remplacé son articulation par une prothèse. Comme dans 80% des cas, sa douleur a disparu. Pendant 15, 20 ans elle devrait être tranquille, avec quelques réparations voire un changement de son implant si besoin. D’ici là, une question la taraude : après l’Everest, Piton des Neiges ou Kilimandjaro ?

NDLR
Un grand merci aux professeurs : Bernard Combe, responsable du département rhumatologie au CHRU de Montpellier, et Francis Berenbaum, chef du service de rhumatologie à l’Hôpital Saint-Antoine à Paris, respectivement président d’honneur et vice-président de la Société Française de Rhumatologie (sfr.larhumatologie.fr)

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