Femmes des années 80, fumeuses jusqu’au bout des seins ?

3/12/2018 | LA PRESSE EN PARLE

La troisième édition du #MoisSansTabac vient de s’achever. On attend les résultats, mais ce qu’on sait déjà c’est qu’aujourd’hui en France tout le monde fume moins. Sauf les femmes de 45 à 64 ans.

J’aurais tendance à dire -pour rire- que ce sont les hommes et les enfants qui nous stressent, mais en vrai, ça craint, avec un chiffre choc pour vous situer l’enjeu : deux fois plus de décès liés au tabac chez les femmes ces 15 dernières années !

On entrera dans le vif du sujet via les témoignages de quadra-, quinqua-, sexagénaires dont le vécu parlera à beaucoup, comme Annette qui s’en grille une ou deux par jour depuis 40 ans en se justifiant avec de fausses croyances, du genre c’est mon seul petit vice, sans conscience de sa dépendance et du danger.

Également sur le site pourquoidocteur.fr, une autre info qui fait froid dans le dos : l’incidence du cancer du poumon chez les femmes est en augmentation constante dans la plupart des pays européens et tuera 40 % de femmes en plus d’ici 10 ans.

En gros, ça a doublé les 15 dernières années et ça va doubler encore dans la prochaine dizaine.
Des chiffres édifiants à lire dans cet article du mondedutabac.fr, qui résume les causes et des perspectives. Les maladies traditionnellement « masculines » ont diminué chez les hommes mais augmentent chez les femmes. « Nous allons voir très prochainement la mortalité par cancer du poumon passer devant celle du cancer du sein », avertit le directeur général de Santé publique France.

Campagne de OMS contre le tabagisme des femmes en 2010 Femmes des années 80, fumeuses jusqu’au bout des seins ?

Déjà en 2010, le constat était le même et une campagne de l’OMS tentait un message choc pour prévenir le tabagisme des femmes

Risques cardiovasculaires, freins à la fécondité, la liste des effets désastreux du tabagisme peut être consultée sur le site du Comité National Contre le Tabagisme.

Mais alors pourquoi restent-elles accros à la cigarette, les follettes ? Par effet générationnel. Ah, l’époque où l’on fumait partout et où l’on sentait le tabac jusqu’au soutien-gorge même sans être fumeuse ! Par impression d’être glamour. Ah, Stéphane Audran, ah Marlène Dietrich ! Par peur de grossir si elles arrêtent…

Tous les articles de la presse exposent les mêmes causes, et prêchent pour plus de prévention avec une vraie politique de santé publique spécifique selon l’âge et le genre.
L’augmentation du prix du paquet à 8 € et en 2022 à 10 € fait partie des mesures qui fonctionnent. Et, bonne nouvelle, les paquets neutres dissuaderaient les jeunes de fumer, et même surtout les filles qui ne sont plus que 13%, soit 1 sur 10, à commencer à fumer, contre 25% en 2016, comme le relate Sciences & Avenir. Une génération adulte non fumeuse en 2032 ? C’est l’ambition de notre ministre de la Santé !

Ok, mais pour les adultes en 2019 ? Un plaidoyer pour la mise en place d’un programme de dépistage systématique du cancer du poumon, chez les gros fumeurs ou anciens gros fumeurs, à partir de 50 ou 55 ans, a été lancé la semaine dernière par des médecins spécialistes de la santé thoracique et des associations de patients. Considéré comme inutile par la Haute autorité de santé (HAS) en 2016, ce dépistage revient sur le devant de la scène grâce à une étude belgo-néerlandaise. En attendant une prise de conscience qui fera diminuer la consommation de tabac, on peut espérer qu’un tel dépistage permette de détecter les cancers de manière précoce et ainsi de sauver des vies.